Art et Histoire du Pays de Châtres
 

 

 

 

 

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Historique

LE FIEF DE MARIVATZ

par Michelle Pluquet

Quelques rappels historiques

Situé dans la Grande Rue, le fief de Marivatz était dans la mouvance de la seigneurie de Marcoussis. C’est ainsi que l’on trouve trace successivement :

- un aveu du fief de Marivatz à Jean de Montagu, seigneur de Marcoussis, Chastres et Saint-Yon, le 22 août 1406
- un autre aveu et dénombrement du 27 août 1469 fait par la femme de Guillaume Rousset au sieur de Graville, seigneur de Saint-Yon
- un aveu et dénombrement rendu par Guillaume de Santeny, propriétaire pour un quart du fief de Marivatz, à Guillaume de Balzac, seigneur d’Antragues et de Saint-Yon le 28 avril 1551
- un aveu fait à Messire d’Antragues par Spire Santeny le 27 mai 1575
- un acte de foi et hommage rendu par Pierre Darras, élu d’Étampes, au sieur d’Antragues, seigneur de Marcoussis le 26 février 1583
- un autre acte de foi et hommage du 9 février 1583 rendu par Pierre Calou le jeune, à cause de Catherine Santeny sa femme, au sieur d’Antragues

Le 19 février 1587, Pierre Calou échange à Pierre Darras la portion du fief de Marivatz dont il est propriétaire contre différentes parties de rentes sur des maisons sises à Chastres. Pierre Darras en rendra foi et hommage à Messire d’Antragues le 24 février 1587. Il acquiert une autre portion du fief de Marivatz de Siméon Devaulx et sa femme le 14 février 1617.

Le 9 septembre 1606 a lieu l’adjudication au parc civil du Châtelet de la terre et seigneurie de Chastres à Me de Saint Bonnet par laquelle Me Pierre Boutet seigneur de Marivat est conservé dans tous ses droits.

Le domaine du fief de Marivatz était ainsi composé :

- la maison seigneuriale, bâtiment, cour et jardin en dépendant
- une pièce de prés derrière le jardin d’environ six quartiers
Dans la directe et censive étaient comprises treize maisons dans la Grande Rue, à l’exception de « deux bourgeoises » situées dans la Rue Morand, neuf pièces de chènevières, un jardin à la Ruelle de la Fontaine, sept arpents de terre proche la Justice, cinq arpents de terre et vigne, 3 arpents 25 perches de prés à la boële Morand.

Pierre Darras vendra ce fief de Marivatz à Pierre Boutet, principal commis au greffe criminel du Chatelet de Paris, le 28 décembre 1631. Il en rendra aveu et dénombrement à Messire d’Antragues le 6 juillet 1632.

Le 7 décembre 1656, à la requête de Thomas Boutet, seigneur de Marivatz, une opposition est faite aux criées de la terre et seigneurie de Chastres, pour être conservé dans tous les droits de son fief. L’arrêt du 15 février 1658 le conservera dans tous ces droits.

En 1684, Nicolas Petit, écuyer, sieur de la Galanderie, conseiller du roi, commissaire provincial et contrôleur ordinaire des guerres, valet de chambre du roi, est propriétaire du fief de Marivatz. Une sentence des requestes de l’hôtel du Roy du 12 mai 1692 renvoie Nicolas Petit et son épouse en la possession de la maison de Marivatz et fait main levée de la saisie réelle.

Son fils, Nicolas-Pascal Petit, seigneur de Bois d’Aunay, vendra le fief à François-Jules Duvaucel, seigneur de La Norville le 10 septembre 1738.
Un acte de foy et hommage est rendu au nom de M. Jules Nicolas Duvaucel par son fondé de procuration à M. le marquis d’Entragues, seigneur de Marcoussis pour le fief de Marivatz. L’acte de réception est daté du 10 août 1740.

Le fief ne restera que peu de temps rattaché à la seigneurie de La Norville car le 1er août 1772, il fut cédé à titre d’échange par le marquis de la Grandville au duc de Mouchy, seigneur d’Arpajon. À ce moment, le fief de Marivatz consistait en une grande maison habitée par le receveur des aides, cour devant et jardin, en une petite maison près de la grande, d’un bout au levant à la Grande Rue et l’autre à la boële Morand, en cinq arpents environ de pré derrière les deux maisons, avec un canal au milieu entouré de murs, tenant en totalité d’une part, au midi à la rivière d’Orge, d’autre part au levant à la boële Morand et d’autre bout à la rivière Rémarde, en cent sols environ de cens .

Le seigneur d’Arpajon, Philippe de Noailles-Mouchy, vendit la maison de Marivatz à Jean Génard, meunier à Arpajon, et Marie Marguerite Mainfroy sa femme, le 23 avril 1792.

Le 12 septembre 1792, Jean Baptiste Génard, bourgeois demeurant à Arpajon donne à loyer à Charles François Levavasseur, maître limonadier demeurant à Arpajon, une partie d’une maison sise à Arpajon Grande Rue consistant en une boutique donnant sur la rue et deux chambres donnant sur la cour du dit sieur Génard, le tout au rez-de-chaussée, cellier et cabinet d’aisance ; le tout tenant à la cour du bailleur et d’autre au sieur Darras, d’un bout sur la Grande Rue et d’autre sur le dit bailleur, pour la somme de 300 livres de loyer annuel à payer de trois mois en trois mois .


Plan 1820


Jean Charles Génard, en qualité d’héritier de Jean Génard et de Marguerite Mainfroy, ses parents, vend la propriété à Pierre Daunay et son épouse Marie Jeanne Chupin, demeurant à Vire, le 23 novembre 1810 .


C’est « une maison située à Arpajon Grande rue communément appelée la Maison principale du fief de Marivatz ayant son entrée par une grille en fer sur la rue et sur la cour de la dite maison qui se compose ainsi :

Un corps de bâtiment en fond de cour consistant au rez-de-chaussée en une petite salle et une cuisine, un passage allant au jardin, un grand bûcher, un fruitier et autres aisances.

Au premier étage, une antichambre une chambre à coucher, un petit cabinet, une salle à manger, un très beau salon éclairé par quatre croisées donnant sur la cour et sur le jardin, une autre belle chambre à coucher, deux cabinets.

Au second, deux chambres à coucher avec cheminées et deux greniers dont un carrelé.

Deux corps de bâtiment en ailes de chaque côté de la cour, composés de deux boutiques sur la rue, arrière-boutiques et chambres ensuite.

Au premier étage de l’aile droite, en entrant une belle chambre à coucher donnant sur la rue ayant un grand balcon en fer, une autre antichambre, une chambre ensuite, une grande salle à manger ; au-dessus des lieux une chambre à cheminée donnant sur la rue, un cabinet à côté donnant sur la cour, grenier au-dessus de la chambre du devant, deux chambrées de domestiques et lieux d’aisances.

Dans l’aile gauche, au premier étage, une chambre à feu donnant sur la rue, une antichambre, une petite cuisine sans cheminée, deux chambres à feu ayant vue sur la cour et communiquant de l’une à l’autre. Au-dessus des lieux une chambre à feu, une antichambre et un grenier.

Dans la cour une écurie, une remise et un bûcher, deux berceaux de cave divisés en quatre parties, un autre bûcher, un puits, une grande cuisine, trois escaliers et un cabinet d’aisances.

Un grand jardin derrière la maison entouré et coupé par la rivière et un canal, le dit jardin plantés d’arbres en espaliers en plein vent et deux berceaux de tilleuls contenant une superficie d’environ 51a34ca ou six quartiers. Dans le dit jardin, un lavoir sur la rivière dans lequel est un four, un fourneau à lessive et une chaudière ; un pigeonnier ; un cabinet d’aisances et quatre petites pièces pour élever des lapins ; le tout couvert de tuiles. On communique au dit lavoir et dépendances par un couloir particulier fermé par un mur de séparation.

Dans cette vente sont compris les trois glaces étant dans le salon et les chambres à coucher, plus les armoires, placards, lambris d’appuis et autres, les ustensiles de jardinage tels que râteaux, ratissoires, serfouettes et autres outils ».

Suivant le jugement rendu par le tribunal de première instance séant à Corbeil le 26 juillet 1816, le 20 mai 1817 a lieu la vente par adjudication au nom de Pierre Daunay et sa femme à Pierre Houy dit Vincent . Par jugement rendu à l’audience des criées du tribunal civil du quatrième arrondissement séant à Corbeil, il a été adjugé à M. Pierre Houy dit Vincent une maison dite maison principale du fief Marivatz, située à Arpajon, bâtiment, cour jardin et clos en dépendant, moyennant la somme principale de 22 500 francs, outre les charges, clauses et conditions de l’enchère, notamment de payer la dite somme principale et les intérêts d’icelle.

Sur l’implantation des bâtiments, M. Vincent a fait réédifier des bâtiments plus modernes. Le 22 septembre 1817, il a acheté à Madeleine Joitteau, majeure, et Louis Joitteau majeur demeurant tous deux à Saint-Germain, le surplus du jardin qui auparavant était un pré et s’appelait le Pré du Paradis, bordant le boulevard de la ville. Ce terrain d’une contenance de quarante neuf ares soixante et onze centiares, appartenait à Pierre Louis Joitteau, cultivateur à Saint-Germain, il faisait originairement partie d’un hectare vingt huit ares douze centiares situé en la prairie d’Arpajon lieu dit le Pré du Paradis, tenant d’un côté à la boële Morand, d’autre à Geneviève Catherine Joitteau femme de Pierre Clément Chaligne, d’un bout de la chaussée de l’autre à l’acquéreur. La vente est faite moyennant la somme de quatre mille francs que l’acquéreur promet et s’oblige à payer aux vendeurs le 15 octobre suivant.

Façade Grande Rue Image de synthèse Matthias Pluquet


La nouvelle demeure se compose :

D’un principal corps de logis ayant neuf croisées sur chaque façade et consistant au rez-de-chaussée en une cuisine avec petite chambre de bonne y attenant, beau vestibule communiquant de la cour ci-après désignée au dit jardin également ci-après désigné.

À gauche de ce vestibule, salle à manger avec une belle salle de billard à la suite

Au premier étage, à droite de l’escalier, beau salon éclairé par deux croisées sur la cour et deux sur le jardin, deux chambres à coucher ensuite avec cabinet de toilette.
À gauche de cet escalier, autre petit salon communiquant avec celui sus désigné et deux chambres à coucher y attenant, le tout parqueté et garni de placards.

Au second, une grande pièce à feu pouvant servir de salon, avec quatre chambres à coucher, le tout carrelé et en très bon état.
Quatre autres petites chambres avec grenier perdu au-dessus dans les combles et couverts en ardoise.

Cave sous partie des bâtiments seulement.

Belle cour d’honneur ayant son entrée par une grille ornée de deux pilastres et par deux portes latérales sur la Grande Rue d’Arpajon qui se confond dans toute sa longueur avec la route de Paris à Orléans.

À droite en entrant dans cette cour, beau pavillon pouvant servir d’habitation séparée et se composant au rez-de-chaussée d’une cuisine, salle à manger et salon ensuite ; au premier étage de deux chambres à coucher avec cabinet de toilette, greniers au-dessus, couverts en ardoise, et lieux d’aisances à l’anglaise .

À gauche autre pavillon de même forme que le premier, composé par bas de deux pièces ; au premier étage de trois chambres à feu avec greniers au-dessus couverts d’ardoises, lieux d’aisances et cave sous le corps de bâtiment, écurie, remise.

Pompe dans la cour sus-désignée.

Derrière le principal corps de logis, un beau jardin dessiné à l’anglaise et traversé par la petite rivière de la Rémarde.

Une pièce d’eau traverse en outre la propriété dans toute sa largeur et sépare le jardin d’un petit bois coupé de belles allées et offrant une sortie par une grille ornée de deux pilastres sur le boulevard d’Arpajon, petite serre couverte en ardoise avec grenier au-dessus.
Le jardin et l’emplacement des bâtiments sont ensemble d’une contenance de 1ha 36a 62ca environ.

Le tout tenant par devant à la Grande Rue, par derrière au boulevard de la ville, au midi aux sieurs Poitevin, charpentier, et Chaligne ; au Nord à M. Mancest et à la rivière de Rémarde.

Pierre Houy dit Vincent est décédé le 5 octobre 1828 à Arpajon, il était âgé de soixante-huit ans. C’est sa fille, Marthe Julie, épouse Vauquelin, qui vendra la propriété en 1845. À cette date, la totalité du pavillon de droite était louée de même que quatre pièces du pavillon de gauche, louée verbalement jusqu’au 11 novembre 1866.

Les locataires avaient droit de communauté aux lieux d’aisances étant dans le pavillon de l’aile gauche, à la pompe étant aussi dans la cour, au lavoir établi sur la rivière tant pour aller au lavoir que pour puiser de l’eau, droit de prendre et de faire prendre dans le jardin tous les légumes, salades, racines et autres plantes potagères qui seraient nécessaires pour la consommation de la maison.

Ce droit de communauté permettait au locataire, sa famille et ses connaissances de se promener et se reposer dans le jardin, d’avoir les clefs des grilles du jardin ouvrant sur le pont et sur le boulevard à la charge de passer par l’allée ou le couloir pratiqué à côté de la cour longeant le principal corps de bâtiment tant pour l’exercice de ce droit que pour celui d’aller au lavoir .

La mise à prix était de 30 000 francs. L’enchère fut portée par Jean Louis Bréant et Anne Geneviève Lamblin, sa femme, le dimanche 2 mai 1845.

Les époux Bréant ont apporté une modification au principal corps de logis en faisant construire un portique formant terrasse sur la façade donnant sur la Grande Rue, portique qui se répétait sur la façade donnant sur le jardin.

Une vente par adjudication de la maison dépendant de la communauté ayant existé entre les époux Jean Louis Bréhant et Geneviève Lamblin est ordonnée en 1858. Un cahier des charges avait été dressé par Me Imbault le 4 septembre 1857 et le procès verbal de l’adjudication le 7 mars 1858.

L’adjudication a été prononcée au profit de M. Morin moyennant 37 000 f plus le prix de divers orangers et arbustes fruitiers se trouvant sur la propriété moyennant 1200 f. La quittance est passée devant Me Imbault le 8 mars 1858.

Façade arrière Image de synthèse Matthias Pluquet

La propriété, sise 50 Grande Rue, sera vendue 24 juillet 1869 par Madame Thérèse Virginie Constant, veuve de Jean Baptiste Morin, à Louis Mantin jeune, un des propriétaires de la manufacture de chaussures d’Arpajon, et Pauline Bartholomé son épouse.

Font partie de cette vente toutes les glaces au nombre de quinze garnissant les appartements qu’elles soient ou non fixées au mur par des scellements, à l’exception d’une glace d’entre-deux se trouvant dans le grand salon du premier étage du côté du jardin dont les vendeurs font la réserve expresse.

La vente est consentie pour soixante mille francs dont vingt mille francs sont payables le 1er septembre 1869 et le reste au 1er janvier 1871.

Louis Mantin acquiert également le 12 janvier 1870 de Marie Joséphine Charpentier propriétaire demeurant à Arpajon veuve de Etienne Alexis Lecoq un terrain en jardin de la contenance de quarante-sept ares quatre-vingt-trois centiares situé à Arpajon boulevard Morand s’étendant le long de la propriété de M. Mantin jusqu’à la boële Morand et jusqu’à la portion de jardin de M. Lecoq.
Il tient par devant au boulevard Morand sur lequel il est clos par un mur surmonté d’une grille et a une entrée de porte charretière ; d’un côté à la propriété de M. Mantin dont il est séparé par une haie se trouvant entièrement sur le terrain vendu et par une boële mitoyenne ; d’autre côté à M. Justin Dif et par une hache à la rivière d’Orge sur laquelle le terrain vendu a une façade de 55m75 ; d’un bout à cause de la hache M. Dif, les héritiers de Melle Barrué, M. Fromont et Melle Schaeffer, mur mitoyen et haie mitoyenne entre le terrain vendu et ces divers voisins ; au fond la boële Morand et la portion de jardin réservé par M. Lecoq, laquelle portion contient 10 ares et fait angle sur le terrain vendu.

La propriété qui depuis 1817 comprenait un hectare trente six ares soixante deux centiares se trouve donc augmentée, ce qui portera la superficie de un hectare quatre- vingt-quatre ares quarante-cinq centiares.

C’est le 1er mai 1883 que Louis Mantin jeune, manufacturier et Mme Pauline Bartholomé demeurant ensemble au château d’Ollainville vendent à Monsieur Louis Marie Sauvage propriétaire et Mme Marie Capy demeurant ensemble à Paris, avenue de la Roquette, la propriété de campagne située à Arpajon au 50 Grande Rue .

Derrière le principal bâtiment, un parterre avec bassin et jet d’eau au milieu ; près de ce parterre une construction renfermant des ateliers, une salle de bain avec fourneaux, un puits avec pompe et un réservoir pour la distribution des eaux, un poulailler avec volière à côté, un lavoir et un embarcadère sur la rivière.
Jardin à la suite séparé du parterre par la rivière de Rémarde sur laquelle est jeté un pont fermé par une grille en fer.
Bois faisant suite au jardin coupé d’allées ayant une sortie par une grille sur le boulevard Morand.
Entre le bois et le jardin se trouve une grande pièce d’eau alimentée par la rivière de Rémarde qui longe et traverse la propriété.

Aquarelle Yves Bridoulot

En 1904, Mme Sauvage, qui est veuve, vend sa propriété en plusieurs lots avec des conditions très strictes pour les acquéreurs, la municipalité souhaitant y ouvrir une nouvelle rue. Monsieur Paul Edmé Malisset, menuisier et Monsieur Étienne Bizet, architecte en sont les principaux acquéreurs .

Dessin Yves Bridoulot

Images de synthèse Matthias Pluquet

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